L’Association des camps du Québec célèbre ses cinquante ans cette année. Si au départ elle comptait une poignée de membres, tous camps de vacances, elle a au fil du temps étendu son cadre d’action, notamment par l’intégration des camps de jour et des classes nature. D’ailleurs dans le cadre de son dernier congrès tenu tout récemment, l’Association des camps signait avec l’Association québécoise du loisir municipal une entente visant les camps de jour opérés par les villes. Elle annonçait également à ses membres la mise en vigueur, en 2011, de normes de certification relatives à l’accueil de groupes et aux vacances famille. Autant d’orientations qui contribuent à l’élargissement de son champ de préoccupations, il faut le dire, déjà très vaste. Mentionnons au passage que certains de ces projets étaient dans l’air depuis plus de dix ans, et qu’il était important qu’au-delà des échanges, on en vienne aux gestes.
De la mission aux affaires : une évolution nécessaire
L’Association des camps est née d’un partenariat entre quelques camps de vacances, ses membres fondateurs, tous des structures d’accueil opérant des programmes comprenant l’hébergement, l’alimentation et l’animation d’activités de plein air visant l’éducation, le développement de la personne. Les camps de vacances sont, pour une bonne part, issus d’œuvres d’été de communautés religieuses qui ont par la suite légué ce patrimoine ou l’ont laïcisé pour le confier à des corporations sans but lucratif qui devaient poursuivre leur mission. Au fil des ans, certains camps sont devenus des œuvres de fondations ou des entreprises d’économie sociale. De nouveaux camps de vacances se sont également créés grâce à l’implication financière de gens d’affaires qui avaient la préoccupation de développer des activités lucratives de plein air.
Si l’héritage laissé par les communautés religieuses a bien servi les camps en termes de mission, de valeurs et de programmation, peu d’organisations avaient l’expertise et la capacité financière pour affronter le monde des affaires. Or de nos jours, peu importe leur statut, les camps de vacances sont des organisations qui carburent encore et toujours à la mission, mais ce sont également des entreprises à part entière avec tous les impératifs de gestion que cela implique en ce qui a trait aux questions administratives, aux ressources humaines, aux communications et au marketing, au développement, à l’évolution de la technologie, aux immobilisations, au financement, au service à la clientèle, etc. Et comme toutes les entreprises, ils doivent enregistrer des surplus financiers qui leur permettront d’assurer leur pérennité et leur développement.
Pour plusieurs camps de vacances, cet état de fait n’est pas encore évident même aujourd’hui. En effet, les camps qui doivent financer leurs opérations, s’ils ne sont pas soutenus par des mécènes ou par des fondations, doivent trouver leur place dans un contexte de turbulences économiques et démographiques et d’évolution culturelle. Délabrement des installations, problèmes de recrutement et formation du personnel, difficultés de financement sont le lot de plusieurs. Pour survivre et se développer, bon nombre opèrent des services complémentaires à leur mission, questionnant périodiquement le poids et les énergies de la partie complémentaire versus ceux de la partie principale de la mission.
Des enjeux distincts
L’Association des camps réunit aujourd’hui un large éventail de membres opérant des programmes d’animation dans divers milieux : institutions d’enseignement, centres communautaires, locaux municipaux, musées, attractions touristiques, etc. Si plusieurs préoccupations sont communes à tous, certaines d’importance capitale ne concernent que les camps de vacances qui, il faut le dire, vivent une période de crise. Cette situation menaçant la survie des camps en a d’ailleurs poussé plus d’un à des réajustements d’importance avec toute la créativité, l’imagination, la débrouillardise, la détermination qu’on leur connaît; plusieurs autres ont également amorcé un processus de mise à jour nécessaire. Pour ces raisons, et considérant les récents développements au sein de l’Association des camps, il serait important que cette dernière fasse une place particulière à la discussion sur ces enjeux qui découlent de l’histoire des camps de vacances et des caractéristiques qui leur sont propres.